Tout va bien, mais pour combien de temps ?

5 mois ago  •  By  •  0 Comments

En apparence, l’investisseur vit actuellement dans le meilleur des mondes, caractérisé par le retour incontestable d’une croissance mondiale synchronisée et l’esquisse espérée d’un ordre politique européen plus volontariste, sous la houlette de dirigeants rescapés de la menace populiste. De surcroit, cette croissance s’avère être d’une essence improbable et inédite, puisqu’il s’agit d’une croissance sans inflation. La frappante divergence observée entre les dernières prévisions de croissance publiées par l’OCDE (+3.5% au niveau mondial pour 2017 après 3% en 2016, l’Europe et les Etats Unis convergeant autour de 2%) et les dernières projections de la BCE en matière d’inflation (1.5% pour les 2 prochaines années vs 1.6%/2018 et 1.7%/2019 initialement prévus) consacre une reconnaissance des plus officielles à ce nouveau type de croissance. Les marchés de dette transatlantiques n’ont d’ailleurs par attendu les faire parts officiels pour enterrer le scénario trop balisé de remontée des taux. En somme, nous avons le beurre (la croissance), et l’argent (gratuit) du beurre.

Cependant, cette image idyllique, dont l’effet boursier le plus spectaculaire s’exprime par un écrasement historique de la volatilité, n’est pas exempte de vulnérabilité. D’une part en raison des risques de choc exogène que couve une actualité géopolitique instable (Moyen Orient, Corée du Nord…). Le redressement actuel des cours de l’or n’en constitue pas un symptôme innocent. La situation politique américaine a, quant à elle, d’ores et déjà balayé les espoirs du « Trumpflation trade », alors que les révélations de violation du respect de la séparation des pouvoirs ont mis en branle un processus rendant l’issue d’une destitution présidentielle chaque jour moins improbable. Enfin, la dépendance chinoise à une croissance médicalement assistée par la drogue du crédit recèle ses propres bombes à retardement.

En plus de cette vulnérabilité de court terme, il faut se poser la question de menaces long terme. Les politiques monétaires et budgétaires très expansionnistes menées depuis 2009 ont fini par ramener l’économie mondiale au voisinage du plein emploi. Il faut donc paradoxalement se demander aujourd’hui ce que sont les problématiques associées à une situation de plein emploi, et non plus à une situation de sous-emploi. Quelle réaction des banques centrales entrainera l’accélération de la hausse des salaires ? Quelle profitabilité peuvent espérer les entreprises ne pouvant pas passer les hausses de leurs coûts dans leurs prix ? Une fois le plein emploi atteint, la croissance peut-elle continuer au rythme de la croissance potentielle, ou y-a-t-il mécaniquement ralentissement économique, voire récession ?

Du côté des Etats-Unis, après huit années d’expansion, certains signes montrent déjà que la croissance pourrait se retourner à la baisse. Au Royaume-Uni, l’affaiblissement de la croissance apparaît déjà. Dans la zone euro, avec une croissance nettement supérieure aujourd’hui à la croissance potentielle, le taux de chômage n’est probablement plus très loin du taux de chômage structurel, d’où un net ralentissement de la croissance dans assez peu de temps.

Dans tous ces pays de l’OCDE, on s’aperçoit donc qu’il est possible, sinon probable, que la période d’expansion se termine bientôt. Pourtant, rien n’a été fait dans ces pays pour redonner des marges de manœuvre aux politiques économiques, avant que l’expansion ne cesse. La solvabilité budgétaire est tout juste vérifiée, et les marges de manœuvre budgétaires sont inexistantes compte tenu des niveaux des taux d’endettement public. Les taux d’intérêt à court terme et à long terme sont toujours très bas, et augmenter le quantitative easing serait inefficace compte tenu de l’excès de liquidité toujours présent.

La prochaine récession risque donc d’être violente puisqu’elle ne pourra pas être amortie par les politiques contracycliques usuelles. Elle ne nous semble toutefois pas pouvoir se matérialiser avant le milieu de l’année 2018, mais d’ores et déjà nous sommes très attentifs à tous les signes avant-coureurs qui pourraient nous alerter de son arrivée plus tôt qu’anticipé.

Notre gamme de fonds diversifiée devrait pouvoir traverser sans dommages ce futur épisode boursier. En effet, les fonds les plus exposés, FDE Midcaps et FDE Multicaps Europe, peuvent être protégés à hauteur de 40% de l’actif. FDE Profil 100 et FDE Patrimoine peuvent être couverts à 100% contre le risque de baisse. Enfin FDE Alpha peut être couvert jusqu’à 110%, ce qui veut dire que dans ce cas de figure il pourrait théoriquement légèrement monter si le marché venait à baisser fortement.

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