Marchés américains au plus haut vs. marchés européens en consolidation : qui a tort, qui a raison ?

2 mois ago  •  By  •  0 Comments

Tout le monde a encore en mémoire la bulle internet et le terrible krach qui a suivi. C’était il y a 17 ans et les marchés tutoyaient leurs sommets d’alors, portés par les valeurs technologiques et leurs cousines des médias et des télécoms. Les valorisations d’alors se mesuraient essentiellement en multiples de chiffre d’affaires, les résultats étant alors rares parmi ces sociétés récemment créées. Puis il apparut que la plupart de ces jeunes pousses auraient brûlé toutes leurs liquidités avant d’avoir gagné le moindre centime. Le retour à la réalité qui s’en suivit fut douloureux lorsque la courbe du prix des actions vint rejoindre celle des profits.

Aujourd’hui, si l’on regarde de l’autre côté de l’Atlantique, on constate que le secteur a retrouvé ses plus hauts. De là à supposer que les mêmes causes produiront les mêmes effets, il n’y a qu’un pas … que nous ne franchirons pas justement ! Le graphique ci-contre explique clairement la raison de notre prudence :

En comparant l’évolution des valeurs technologiques et celles de leurs résultats, on s’aperçoit que cette fois, il n’y a pas déconnection. Peut-être le marché est-il surévalué (PE cyclique ajusté de l’ordre de 30x actuellement aux USA contre une moyenne à 24x et un plus haut historique à 45x), et que les risques d’un retour à la normal de la politique monétaires des banques centrales pèseront tôt ou tard, mais le risque d’un effondrement lié à une catégorie particulière d’actions tel qu’on l’avait connu entre 2000 et 2003 nous semble exclu tant que la croissance des indices suit celle des profits.

De manière plus générale, on constate que ce mouvement de progression des indices s’est observé de manière plus marquée aux USA qu’en Europe. Les marchés américains enchainent les records historiques, alors que les marchés européens, après un bon début d’année, marquent le pas et stagnent dans une consolidation légèrement baissière qui s’éternise depuis l’élection présidentielle française.

Essayons de prendre un peu de recul. Partons du principe qu’investir dans un panier de sociétés internationales basées aux USA ou en France doit donner le même résultat sur le long terme quel que soit le pays de domicile choisi. En effet, la rentabilité doit être la même dans les deux cas, sinon les investissements iraient tous dans le pays le plus rentable ce qui ferait monter son taux de change et donc baisser sa rentabilité au profit de l’autre pays. Comparer le ratio de performance des indices boursiers (dividendes réinvestis) français et américains devrait donc donner en théorie une droite horizontale.

En faisant cet exercice, on constate que la tendance long terme est effectivement neutre, mais que de larges oscillations donnent des opportunités de « court terme » («  » car on parle tout de même ici de périodes de plusieurs années) qui peuvent être mises à profit pour s’intéresser de plus près à l’un des deux pays et investir dans ses actions.

Ainsi lors des deux derniers extrêmes majeurs, il fallait faire l’inverse : en 2000 il fallait acheter la France et vendre les USA, alors qu’en 2008 après la crise des subprimes, il fallait acheter les USA et vendre la France. A la lecture de ce graphique il faut donc aujourd’hui acheter la France et vendre les USA.

Il est toujours difficile d’affirmer qu’un marché est trop cher et qu’il faut le vendre. Rappelons-nous qu’au Japon le PE est resté de nombreuses années au-dessus de 40x, ce qui est certes cher, mais n’a pas empêché les actions de monter alors. En revanche, bien que comparaison ne soit pas raison, l’histoire est toujours un guide. Aujourd’hui, les valeurs technologiques ont fortement monté, tirant vers le haut les indices américains. Toutefois cela n’est pas déconnecté de leur valeur économique contrairement au phénomène de la bulle internet des années 2000. En conséquence le risque de chute des marchés ne nous parait pas comporter de risque beaucoup plus important qu’à l’accoutumée. S’il y a une correction d’ici la fin de l’année, nous ne pensons pas à ce stade qu’elle sera d’une magnitude importante. Par ailleurs compte tenu de l’écart de performance des deux côtés de l’Atlantique, trois cas de figure se présentent : 1/si les marchés américains venaient à chuter, les marchés européens devraient amortir le choc 2/si les marchés américains devraient stagner, les européens devraient logiquement monter pour rattraper leur retard 3/si les marchés américains devaient continuer à monter, les européens devraient progresser plus.

En conclusion, les fonds de la Financière de l’Europe restent donc logiquement investis en actions européennes, et évitent les USA.

Vous pouvez retrouver toute la gamme sur notre site www.lafinancieredeleurope.com

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