La liquidité tue la volatilité… et après ?

3 mois ago  •  By  •  0 Comments

On constate que la réaction des marchés au risque politique (avec l’incertitude sur les politiques économiques et les politiques étrangères aux Etats-Unis depuis l’élection de D. Trump, avec la perspective des élections générales en Italie) et géopolitique (Corée du Nord, Venezuela, Moyen-Orient) est quasiment inexistante comme le montre l’évolution haussière des bourses mondiales et l’appréciation de l’euro depuis fin 2016 (le risque géopolitique conduit normalement à une appréciation du dollar).

L’explication vient de l’abondance de liquidités fournie par les banques centrales qui force les investisseurs à continuer à investir, ce qui soutient les marchés financiers et rend inutile d’acheter de la protection contre la baisse des cours. En effet la liquidité mondiale continue à progresser avec les politiques monétaires expansionnistes des pays de l’OCDE et avec le retour à l’accumulation de réserves de change L’abondance de la liquidité mondiale (qui vient de l’achat d’obligations par les Banques Centrales) pousse les investisseurs à continuer à investir en actifs risqués (actions, obligations des entreprises, actifs des émergents). Ceci maintient la tendance à la hausse des prix de ces actifs et dissuade les investisseurs d’acheter de la protection contre la baisse des cours, donc réduit la demande d’options, donc fait baisser la volatilité.

Par ailleurs, l’état d’esprit positif général pour l’investissement qui règne actuellement est renforcé par la rare combinaison de conditions économiques les plus favorables depuis 10 ans, d’absence de risque systémique financier immédiat, et cerise sur le gâteau, d’un front fiscal qui s’éclaircit à son tour dans les économies développées (baisses d’impôts aux US, mais aussi en France pour les sociétés).

Toutefois, cette abondance de liquidité devrait progressivement se réduire. Nous pensons néanmoins que cela n’aura pas d’impact négatif à court terme sur les marchés. La stabilisation récente du $, permise par l’arrêt du mouvement de baisse des rendements US, redonne selon nous l’avantage au style value et au secteur financier en particulier. La remontée tendancielle des taux longs dans les prochaines semaines, dans un contexte cyclique global porteur, devrait permettre aux commodités industrielles de reprendre le chemin de la hausse, à la suite du pétrole (de retour sur ses niveaux hauts de 2015). La complaisance des banques centrales est derrière nous, et la FED devrait le signifier dès décembre comme elle l’a déjà laissé entendre à plusieurs reprises, ouvrant ainsi la voie de la normalisation monétaire à la BCE.

Ce contexte sous-tend notre scénario de hausse sans à-coups sur les marchés actions pour les prochains mois, et plus particulièrement sur les marchés actions européens qui accusent un retard de valorisation important par rapport aux indices américains. Au-delà de cet horizon, il est probable que la conséquence inéluctable d’une baisse de la liquidité artificiellement fournie par les banques centrales soit un net retour de la volatilité sur les marchés actions.

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